Florent Richier : « Quand je roule c’est pour gagner ! »

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Au sortir d’une longue saison de supercross, avec une campagne britannique assez frustrante en Arenacross UK, Florent Richier a enchaîné avec le championnat de France Elite, son second objectif de la première partie de saison. En catégorie deux-et-demie où, face aux jeunes loups qui peuplent la catégorie 250, il fait assurément figure d’ancien. Ce qui ne l’a pas empêché de remporter direct l’épreuve d’ouverture à Sommières !

C’est confortablement installé au soleil… à la plage, face à la mer des Caraïbes, que Flo a répondu à nos questions ! En effet, entre les deux épreuves Elite organisées dans le Midi, près de chez lui, à Sommières puis à Saint-Thibéry, celui que le public allemand avait surnommé « Franz Richter » a tenu à prendre quelques jours de vraies vacances. Dès le mardi suivant la course d’ouverture il s’est donc envolé vers les Antilles, direction l’île de Saint-Martin !

« J’avais vraiment besoin d’un break, après un hiver compliqué. Je m’étais fait mal à un genou en Allemagne, au SX de Chemnitz, fin novembre : le ligament interne gauche avait été partiellement sectionné et j’ai traîné ça depuis, ça me gêne encore d’ailleurs. Normalement il aurait fallu prendre au minimum un mois et demi de repos pour qu’un tel bobo s’efface, mais j’avais des courses tous les week-ends ! Alors j’ai roulé strappé, à l’entraînement comme en compétition, et j’ai serré les dents. Trois mois et demi plus tard ça va mieux, malgré les divers efforts et les chocs ça s’est arrangé peu à peu, en tous cas j’ai évité l’opération. Je vais devoir passer une IRM en rentrant pour confirmer la guérison, mais a priori le plus dur est derrière moi. Bien sûr, je n’étais donc pas au mieux au début de l’Arenacross, je ressentais forcément une certaine appréhension et ce n’est pas comme ça qu’on réalise de grandes choses ! En plus j’ai été pas mal poursuivi par la poisse au cours de la série, je n’ai donc pas obtenu mes résultats habituels. Bon, j’ai quand même réussi à monter trois fois sur le podium, je termine cinquième du classement final, j’ai limité à peu près les dégâts, même si je n’ai guère pesé sur le championnat. Et les organisateurs comme les responsables de mon team sont des gens qui connaissent le cross, ils savent aussi très bien ce dont je suis capable, aussi personne ne m’a reproché quoi que ce soit, au contraire.

La façon dont la série britannique s’est achevée cette année a fait couler pas mal d’encre…
En effet, la finale a été quand même un petit peu bizarre ! Mais c’est le problème des pilotes impliqués, pas le mien… J’ai envie de dire que, comme toujours, on récolte ce qu’on a semé, n’est-ce pas ? Bon, une fois encore, je ne suis pas directement concerné…

Cette saison, si j’ai bien compris, tu te recentres sur les championnats de France : ça y est, tu en as fini avec la vie de globe-trotter ?
Pas complètement, j’irai faire quelques courses en République Tchèque, toujours avec le même team, KTM-Buksa. Ça doit débuter fin avril. Et puis on me verra sûrement en supercross en Allemagne, en fin de saison. Mais il est certain que cette année je donne la priorité à l’Elite. Arenacross UK, puis Elite France, puis SX Tour, telle est l’articulation de base de mon programme de courses 2016.

Tu parlais de ton équipe en Tchéquie, qui te fait rouler sur des KTM. En Grande Bretagne, tu pilotais une Kawasaki. En France tu cours pour Yamaha, sur une 250 qui plus est. Ça semble ne te poser aucun problème, de passer d’une moto à une autre : c’est quand même assez exceptionnel, cette capacité d’adaptation…
Je m’adapte super facilement, c’est vrai. Au bout de quelques tours, je suis dans mon élément quelle que soit la machine. Bien sûr j’effectue quelques réglages, j’ajuste la moto à mon goût, et roule ! Je conçois qu’il s’agit d’un réel avantage, pour quelqu’un comme moi qui aime multiplier les expériences différentes, mais en fait c’est quelque chose de très naturel… Je passe d’un modèle et d’une marque à une autre sans problème.

Tu étais arrivé chez JPM en tant que remplaçant, à la place de ton pote Seb’ Pourcel indisponible et on dirait que tu t’es incrusté !
Oui, ce qui n’était au départ qu’un remplacement a par la suite changé de nature, je me suis installé. Ça se passe super bien avec le team JPM : je m’entends très bien avec les dirigeants, Jean-Pierre et Régis, eux ont fait les bons investissements, bref c’est top, je me plais bien chez eux, avec eux !

Et pourquoi la catégorie 250 ?
C’est le résultat d’un deal entre Yamaha Motor France, JPM et moi : j’ai déjà roulé en 250 lors du dernier SX Tour et ça s’est plutôt bien passé, même si j’ai raté le titre, pour deux points seulement. J’apprécie énormément la 250 YZF, je kiffe cette moto. Alors dans la foulée nous nous sommes dit : pourquoi pas l’Elite en deux-et-demie ? Et voilà ! En revanche, plus tard dans la saison, je ferai le SX Tour sur une 450.
Je répète, ça se passe super bien avec le team, et ce succès dès la première épreuve de l’Elite a encore renforcé nos liens : c’est génial ! Je suis pourtant arrivé à Sommières très fatigué, au terme d’une campagne de SX éprouvante, comme je l’ai dit, de plus je n’avais roulé que deux fois sur la 250 de course, je n’étais donc pas à 100%, loin de là. La vitesse était là, mais est-ce que j’allais être capable de finir les manches ? En fait ça s’est joué au mental. Je trouve d’ailleurs assez anormal que la plupart des jeunes du 250 n’aient pas plus la rage : on dirait que moi, à mon âge, j’ai plus envie de victoires qu’eux ! Je vais avoir 32 ans mais sur la moto c’est comme si j’en avais dix de moins. La motivation est toujours là, c’est clair. On verra bien quand ça s’éteindra : si je ne suis plus devant, alors je ferai autre chose. Je pense que je suis trop habitué à la victoire, en quelque sorte. J’ai beaucoup gagné dans ma carrière, en tous cas lorsque je roule c’est toujours pour gagner, vous pouvez en être sûr. Cela dit, j’ai été plutôt surpris de gagner à Sommières, car comme je l’ai expliqué je n’étais pas au mieux. Bon, j’ai tout donné pour gagner, mais je voyais ça un peu plus vite, l’Elite MX2… Attention, les deux de devant sont très rapides : Dercourt va vite, on le savait, quant à Do, il m’a surpris. Il a été top, de tout le week-end c’est le pilote qui m’a le plus impressionné. Toutes catégories confondues. Il a encore progressé… Bon, il est champion de France, il vient de passer du temps aux USA, mais il m’a épaté. OK, il était sur un terrain favorable, je ne pense pas qu‘il ira remporter les deux manches à Romagné, mais il va vraiment bien ! En vérité, j’attendais plus de certains autres gars, même si une épreuve d’ouverture, surtout à Sommières, c’est toujours un peu spécial. J’ai trouvé que Bourdon était pas mal, j’ai aussi été surpris par Bres, que je ne connaissais pas. Faudra voir la suite, on verra. Toujours est-il qu’en ce qui me concerne, ce résultat m’a mis en confiance. D’autant que je pense que je serai de mieux en mieux au fil des épreuves, que je vais aller crescendo. Et puis j’ai aussi pu constater qu’il y avait encore du boulot sur la moto : comme d’hab’, la Kawasaki Bud marche super fort, la moto de Do va bien elle aussi, nous, nous allons donc devoir nous pencher sur le moteur…
Allez, rendez-vous à Saint-Thibéry ! En attendant, je dois dire qu’on est bien, là, sous les cocotiers, la vie est belle. Ciao à tous ! ».

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