BILAN TOUQUET 2014 : Retour sur l’Enduropale 2014 en dix points

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Quelques jours après l’édition 2014, le bruit et la fureur sont retombés, la plage du Touquet a retrouvé le calme qui lui sied si bien en ce mois de février. Enfin, le calme côté “visiteurs” s’entend, car la météo, elle, ne lâche rien : en cet hiver de douceur au rayon des températures (pas de gel, ni de neige au niveau de la mer) elle continue à faire des siennes, la tempête à souffler, les nuages à lâcher leurs grandes eaux et la mer à se déchaîner en méchantes vagues gris-vert chargées d’écume…

Mais revenons sur ce qui s’est passé dimanche dernier : en dix paragraphes, voici ce que l’on retiendra de cette édition ’14 :

1/ La tempête.

Avant tout, on ne peut s’empêcher de revenir sur les conditions de course (et pré-course) rendues extrêmement délicates par la météo. Depuis quelques semaines, les tempêtes se succédaient à un rythme effréné sur tout le littoral français et le week-end des 8 et 9 février sur la Côte d’Opale n’a pas échappé à ces dépressions successives : vents violents, nuages bas chargés de pluie ont ainsi caractérisé le ciel touquetois, comme celui du reste du pays d’ailleurs. Dès le vendredi, ce sont d’incessantes suites de bourrasques qui ont accueilli pilotes, accompagnateurs et spectateurs venus dans le Pas-de-Calais vivre cette trente-neuvième édition de la grande classique des sables.

"Des rafales de cette force et autant de furieuses averses, on avait rarement vu chose pareille !"

Depuis son « invention » en 1975 par Thierry Sabine, « l’Enduro » en a vu de toutes les couleurs, du côté des éléments, ce qui soit dit en passant n’a rien de véritablement étonnant, l’hiver au bord de la Mer du Nord. Mais il est certain qu’on n’avait sans doute jamais assisté à un tel déchaînement : le froid, parfois terrible, des températures largement au-dessous de zéro, agrémentées de glace et même de neige, avaient déjà perturbé le déroulement des opérations par le passé, quant à la pluie et au vent, bien entendu, on connaissait, c’est en quelque sorte la norme à cette époque de l’année, mais des rafales de cette force et autant de furieuses averses, on avait rarement vu chose pareille ! Le samedi, le vent, bien que toujours frénétique, a eu la bonne idée de chasser les nuages en milieu de journée, si bien que les deux courses au programme, celle des Jeunes (en fin de parcours au moins), puis celle des Quads l’après-midi ont même réussi à profiter de quelques rayons de soleil particulièrement bienvenus, éclaircies qui ont laissé les plus optimistes croire à un scénario identique pour la journée du lendemain et donc à un Enduropale passant miraculeusement entre les gouttes… Or il n’en fut rien : au réveil, le matin de bonne heure (histoire de ne pas louper le direct des finales du SX de San Diego), coup de blues en tirant les rideaux, il tombait déjà (toujours, il avait plu toute la nuit) des cordes. Et le vent ne s’était pas calmé, au contraire ! Et il en a été de même tout au long du dimanche, avec un pic de frénésie lors de l’arrivée de l’épreuve matinale réservée aux Kids (les pauvres) puisque c’est sous un orage d’une extrême démesure, avec éclairs, tonnerre et mitraillage de grêlons, que les gamins ont été accueillis par le drapeau à damiers au terme de trois-quarts d’heure d’efforts sous des trombes d’eau et que les meilleurs ont été dirigés vers le podium…

Et, si l’épisode orageux a vite cessé, pluie et vent n’ont pas renoncé pour autant, toujours aussi furieux, jusqu’à une quarantaine de minutes de l’arrivée de l’Enduropale, un timide soleil faisant même une courte apparition avant d’être à nouveau happé par les nues en folie. Bref, ça n’a pas cessé, ou presque, et il est évident qu’un tel « décor » a définitivement pesé sur le déroulement de l’épreuve (on y reviendra), les pilotes étant trempés dès leur arrivée au parc fermé (près d’une heure avant le départ). Et pensez aux assistances, commissaires et autres officiels qui, trois heures durant (« hors-taxes » : la course a duré trois heures, en effet, mais tous sont restés exposés nettement plus longtemps aux intempéries) ont, pour résumer, morflé grave !  

2/ Yamaha toujours.

Première leçon de cette édition : Yamaha a conservé son sceptre. La marque aux diapasons a su faire des courses de sable, ces dernières années, grâce à une 450 YZF particulièrement taillée pour la spécialité mais pas seulement (il ne date pas d’hier, clin d’œil à JCO, l’attachement d’YMF à cet événement), une sorte de chasse gardée. Les Yamaha étaient les machines les plus nombreuses au départ et, parmi les prétendants aux accessits comme à la victoire scratch, elles équipaient un sacré paquet de candidats. Ainsi, après avoir dominé outrageusement le championnat de France (remember Saint-Léger : huit 450 Yam aux huit premières places !), les bleus alignaient-ils un trio de choc, quand leurs concurrents (Honda, Kawasaki, Suzuki et KTM) ne pouvaient compter a priori que sur un seul pilote de pointe…

Logiquement, donc, la loi du nombre a joué : Yamaha s’est imposé et a placé cinq machines dans le top-ten. Ça, c’est ce que retiendra la postérité, mais en réalité, au fil du déroulement de l’épreuve, tout n’a pas été aussi simple : les troupes de Saint-Ouen-l’Aumône ont été loin d’écraser la course et elles ont même dû, par moments, craindre le pire. S’il n’y avait qu’une verte, une jaune et une orange, elles ont tour à tour mené la danse ! Jusque vers 15 heures-15 heures 10, Alexandre Kowalski et les siens y ont laissé quelques bouts d’ongles…     

3/ AVB, yes !

Il a marché sur la lune ! Carrément. Oui, sur sa lune à lui, il l’a fait : lui que tout petit son papa emmenait voir « l’Enduro ». Lui qui par la suite s’est mis au motocross avec en tête une sorte d’idée fixe, celle de faire partie, un jour, de cette énorme meute qui chaque année s’élance à l’assaut de la plage, sa plage, cette plage qu’il fréquente depuis sa plus tendre enfance. Lui qui, dès qu’il a atteint l’âge requis, s’est aligné au départ. Et pas juste pour le plaisir d’en être, comme la majorité des engagés, mais pour gagner… Oui car, aussi sec, il a rejoint le cercle de ses héros, les Arnaud Demeester, Timotei Potisek, Jean-Claude Moussé, Steve Ramon et compagnie, terminant au sixième rang dès sa première tentative en 2009, puis tournant autour du Graal avec une régularité forcément prémonitoire : second, puis deux fois quatre, et troisième l’an dernier. A l’arrivée, douze mois en arrière, il n’avait pu retenir ses larmes, tant il était déçu. Ce jour-là il s’était promis à lui-même de ne plus jamais connaître pareille frustration… Et si dimanche, de même, il a été submergé par l’émotion, c’était de bonheur, cette fois, qu’il s’étranglait à moitié. Bonheur, mais aussi et surtout pression qui s’échappait enfin, comme une cocotte minute qui se dévisse, car comme ce fut dur ! Dès le premier virage, Adrien Van Beveren roulait devant, ayant signé (comme à son habitude, on a presque envie de dire) le holeshot.

Mais d’abord c’est une moto verte qui l’a débordé, puis une orange : rien de définitif, il le savait, c’est si long, un Touquet… Mais il eu du mal à trouver le bon rythme. Et connu quelques frayeurs, normal avec une météo pareille ! Déjà, d’ordinaire, même les meilleurs ne peuvent échapper aux chutes, aux sorties de piste intempestives, aux « frottements » plus ou moins rudes avec des pilotes plus lents. Alors dans ces conditions… Mais jamais AVB n’a rien lâché, il y a cru jusqu’au bout et ça l’a fait : « Je n’étais pas super bien en début de course, mais je voulais y croire car j’ai l’expérience de cette épreuve : je savais que rien n’est jamais joué et que, tant que la moto marchait bien, que je roulais à mon rythme, je pouvais gagner. J’ai tout donné, tout ce que j’avais et j’ai même pu terminer un peu plus relax, finalement. Ce succès, je l’attendais depuis si longtemps, c’est la victoire de ma vie ! J’ai fait tant de sacrifices, j’ai tant souffert pour en arriver là : aujourd’hui, en fait, ce n’était pas tant l’enfer, ça n’a pas été si difficile que ça, à côté de tous ces mois que j’ai passés à m’entraîner comme un fou… C’est pourquoi il s’agit d’un véritable accomplissement pour moi : je suis un autre homme aujourd’hui ! C’est génial ! ». A 23 ans, Adrien Van Beveren a conquis son objectif majeur, son Everest personnel, mais il n’a déjà qu’une envie : remettre ça ! 

"Ainsi Méo a-t-il perdu le Touquet aux stands, entre ses trois stops et son problème de carrosserie"

4/ La fusée Méo.

Antoine Méo est passé tout près de l’exploit. Il a réalisé la perf’ de ce Touquet, menant la majeure partie de la course avec une maestria éblouissante. Mais qui l’eût cru ? Certes, on connaissait la valeur intrinsèque de l’enduriste-artiste, triple champion du monde, colosse indestructible à la fougue jamais prise en défaut, merveilleux touche à tout, enthousiaste communicatif, toujours prêt à goûter goulûment à de nouveaux plaisirs, pilote ultra-généreux et, nul ne l’a oublié, ex-crossman de classe mondiale élevé notamment au biberon du team Kawasaki-de Groot, ce qui l’a conduit à résider en Hollande où des heures durant il testait diverses bécanes sur la silice locale. L’an dernier, déjà, il avait surpris, venant « piquer » un accessit (5ème), mais de là à en faire un « winner » potentiel…

On le sait, c’est son amour de l’épreuve qui l’amène sur les plages, lui le pilote d’usine, quand son employeur, pour l’instant, ne s’intéresse pas trop à la question. Depuis l’époque Van Der Ven, autant dire le Moyen-Age (c’était une autre époque, tout à fait jurassique, pour KTM, ces années pré-93/94…), les Autrichiens ont délaissé ce type de courses, même s’il y a bien eu l’intermède Moussé en 2005 et 2006 (période, faut le reconnaître, peu productive malgré, tout de même, une seconde place en 2006 : rendons grâce à JCM pour ce fait d’armes). Elles ne figurent pas au tableau de marche établi à Matighofen et c’est uniquement une volonté personnelle qui pousse l’Alligator à s’aligner au départ de l’Enduropale. Certes, on ne refuse pas à Antoine Méo un petit coup de main, on lui passe du matériel, on l’observe d’un œil curieux, voire intéressé, mais son engagement reste une initiative privée, disons. De plus, il n’avait pu préparer l’échéance comme il l’aurait voulu, pour cause de paternité nouvelle ! Bref, il s’est attaqué au problème à peine un mois avant seulement et d’ailleurs, à Hossegor, s’il avait démontré sa vitesse, tout était allé de travers. Bref, ça ne semblait pas gagné du tout. Quand tous ou presque prédisaient le pire, tout s’est déroulé comme dans un rêve, ou presque. Antoine a rapidement pris le commandement de la course avec une autorité et une classe folle et, si ce ne furent quelques petites anicroches, et notamment un accrochage dans lequel il arrachait une ouïe de radiateur, incident qui lui fera perdre une trentaine de secondes au stand pour réparer, il fonçait vers la victoire… Problème, un réservoir un peu plus petit que la « norme » a obligé la KTM à un arrêt supplémentaire, un troisième quand les autres n’en effectuaient que deux. Ainsi Méo a-t-il perdu le Touquet aux stands, entre ses trois stops et son problème de « carrosserie » (il échoue à 26 secondes d’AVB). Dommage, car sur la piste, c’était lui le plus vite. S’il s’est dit fier de sa course à l’arrivée, on l’aurait été à moins, le Sudiste, quoique toujours aussi souriant (c’est sa nature), a toutefois pris un petit coup de bambou sur le crâne lorsqu’il a réalisé comment il avait laissé filer la victoire et à quel point il était passé tout près… Reviendra-t-il, en force, à la tête d’une armada KTM, l’usine ayant été séduite par sa démonstration ? A suivre… 

5/ La déroute des favoris.

Hormis AVB, les grands favoris se sont ratés. Certes, Steve Ramon a sauvé les meubles avec une troisième place, mais encore a-t-il bénéficié des soucis de Degousée pour grimper sur le podium. Si le diesel belge a terminé fort, comme d’hab’, il a aussi figuré aux avant-postes dès le début de course, mais les conditions de course désastreuses l’ont perturbé : il a souffert du froid, eh oui même lui l’homme du nord, il a commis quelques erreurs, chuté, perdu du temps, mais s’est battu, a lutté et a été récompensé par un podium, même si, en conditions « normales », il eût encore eu son mot à dire pour la gagne. Evident. Ramon reste Ramon et quand on sait par où il est passé…

Jean-Claude Moussé n’a pas eu un hiver facile : accablé par des problèmes personnels (il a notamment perdu son père), il n’a pas eu la tête à la moto comme il aurait dû, ou même voulu. De plus, « découpé » (involontairement) par Rudy Vergriete à Hossegor et blessé à un genou, il n’a pas roulé, ou très peu, les semaines précédant l’épreuve. Bref, il n’était pas, contrairement à ce qu’il pensait, totalement prêt à affronter un Touquet aussi exigeant. Ce dont il s’est aperçu sans tarder, dès les premiers mètres de course, après une envolée pourtant excellente. Dès les premiers sauts, il a compris qu’il n’avait pas la gniaque, qu’il souffrait du froid, qu’il n’était pas au top, quoi. De plus, au second tour, il a chuté dans une méga-flaque et la moto a mis un temps fou à redémarrer, il a même cru un instant que c’était cuit. Finalement reparti, il s’est accroché, mais ce n’est pas le vrai JCM qu’on a vu rouler : cinquième à sept minutes du vainqueur, cela n’a rien de déshonorant non plus, mais de son aveu personnel, il a raté sa journée… Cela dit, il a beau avoir 42 ans, ne comptez pas sur lui pour dire stop : il reviendra !

"Milko Potisek a vécu ce Touquet comme dans un rêve, alignant les tours (seize, comme le vainqueur) sans vraiment les voir, façon zombie"

Que dire de la prestation de Milko Potisek ? Qu’il s’est complètement loupé, point. Mouillé, il est arrivé frigorifié sur la ligne de départ et n’a jamais été fichu de se réchauffer : il a carrément fait une fixation sur ses doigts gelés, s’est recroquevillé sur lui-même, physiquement et surtout mentalement et, incapable de tenir la moto, ne sentant plus ses mains, il a vécu ce Touquet comme dans un rêve, alignant les tours (seize, comme le vainqueur) sans vraiment les voir, façon zombie, sans jamais pouvoir reprendre du poil de la bête et rouler comme il sait faire, quand en bord de piste, incrédule, on attendait de lui qu’il « mette en route », enfin. Une journée à oublier, mais aussi, sans doute, de cette septième place, beaucoup de leçons à tirer pour l’avenir, Milko…

Enfin, dernier favori sur le papier, Nico Aubin (#23) est parti comme une flèche (trois au premier passage), exploitant à merveille sa belle CRF finalement équipée de bonnes pièces fournies par le HRC. Seulement le Normand a trop vite disparu des écrans radar : n’ayant pu faute de temps être suffisamment testée, sa machine tirait trop long et l’embrayage a vite rendu l’âme. Sortie de scène par la petite porte, dès le quatrième tour. Mais il se dit (des émissaires du HRC étaient présents au Touquet) que Honda va revenir en force en 2015 : good news !      

6/ Degousée « révélation » absolue de la journée.

Arnaud Degousée ? Si vous suivez de près l’actualité des courses de sable, vous ne pouvez ne pas avoir remarqué ce nom : depuis l’an dernier, ce jeune Francilien de 20 ans s’est incrusté dans les top-ten et ne cesse de progresser. Huitième l’an passé, il s’est illustré sur toutes les manches du championnat de France 2013/2014, qu’il achève en position de vice-champion derrière Van Beveren ! Et ce Touquet alors : d’emblée au premier plan, Arnaud a bagarré toute la course durant avec Méo et Van Beveren, se permettant même de prendre la tête à mi-course !

Et tout le monde, la foule des non-initiés, de demander : « Mais qui c’est celui-là ? ». Un jeune crossman, niveau top-National, même pas Nordiste en plus, mais au talent certain dans le sable, qui malgré des moyens plus que limités (c’est un pur privé, dont le grand Bud en personne, qui prépare sa moto, a dit : « Il paie tout ! ») a su venir déjouer les pronostics. Hélas, une boîte de vitesses fatiguée (un peu comme le bonhomme, vu la grande débauche d’efforts) a empêché AD de monter sur un podium amplement mérité : cinquième puis quatrième rapports disparus, la Yamaha n°7 n’a pu résister au retour de la Suzuki de Ramon. C’est vache. 

7/ Fura en fanfare !

Superbe début de course de Richard Fura : juste derrière les Yamaha de Van Beveren et Moussé au bout de la ligne droite, il les a passées pour prendre avec autorité la direction des opérations et, tout simplement, filer à l’anglaise ! Après trois tours, fort d’un pilotage impeccable, vite et sûr à la fois, l’ancien champion de France Junior, armé d’une KXF préparée amoureusement par son frère et son père, ne jouissant que très récemment d’une aide de Kawasaki, était en train de créer une formidable surprise en dominant complètement la meute de ses poursuivants, qu’il a vite relégués à plus de trente secondes. Quand (on l’a vu et revu à la télé) il a sauté sur un pilote arrêté en pleine piste (sans commissaire pour le signaler, du moins à ses côtés, vu la largeur de la piste à cet endroit)… Vraiment pas de bol, tant le jeune Picard roulait bien (et prudemment, autant que faire se peut, sa patience étant justement l’une de ses forces) : s’il est reparti sans tarder et sans perdre l’avantage de sa position, le pilote au casque orange fluo devait s’immobiliser à son stand quelques minutes plus tard, définitivement, pompe à eau hors-service, abîmée dans le choc. Rageant.   

8/ En détail, à signaler, du bon et du moins bon…

Une Livia Lancelot (#40) remarquable, 39ème et première Féminine, bien sûr (Justine Charroux, sur une 250 et pour une première expérience, a fini 118ème). Un Yves Deudon de retour, à 40 ans, en piste et dans le top-ten : neuf, dans tous les sens du terme ! Il convient ensuite de saluer les perfs de certains « habitués », qui l’ont jouée placés et ont plus ou moins brillamment tiré leur épingle du jeu, tels le Girondin Julien Tournessi, le Belge Tom Lahousse (10, comme en 2013), le Basco-Béarnais Florent Blanchard, l’imperturbable Alex Morel, Nicolas Letève, Marshall Méplon, Franck Ménage, Sven Wouters, Théophane Quénéhen un peu moins à l’aise que de coutume, l’Autrichien Michael Staufer ou le Russe Aleksander Ivanutin.

D’autres non, parce qu’ils n’ont pas eu de pot ou ont eu tout faux : on citera Gautier Leclabart, Vincent Thiollier, Alain Schafer, Sergei Potisek disqualifiés pour différentes raisons, tandis que Nathan Watson (le grand frère de Ben, vainqueur chez les Jeunes), Rudy Vergriete, le pauvre Camille Chapelière, pourtant auteur d’une course formidable, Axel Van De Sande, Romain Maurez, Gabin Deicke, Guillume Ansquer, Ricky Claus, Mike Luxembourger, Gregory Wicht, Jordan Curvalle, Jordan Molet, Morgan Jacquelin ou Damien Prévot, faute d’avoir franchi la ligne d’arrivée après le passage d’AVB sous les damiers, ne figurent pas au classement définitif final. Notons enfin le succès de Victor Brossier en MX2 (28ème scratch), devant Julien Campet (30)… et Maxime Mansard (73 !)

"Les tenues extravagantes et autres déguisements, les oreilles de Mickey, les trail-bikes d’un autre âge, de la 125 DT/MX à la BM 1000 GS, les vieilles pétoires sorties de la cave, les fantaisistes divers et variées, tout cela n’est plus d’actualité"

9/ Un niveau général sans cesse à la hausse !

Eh oui, la « professionnalisation » de l’Enduropale se poursuit chaque année. Fini le temps des poireaux d’antan ! Les tenues extravagantes et autres déguisements, les oreilles de Mickey, les trail-bikes d’un autre âge, de la 125 DT/MX à la BM 1000 GS, les vieilles pétoires sorties de la cave, les fantaisistes divers et variées, tout cela n’est plus d’actualité : aujourd’hui, le plateau compte une majorité de 450 quatre-temps, la plupart très récentes et méticuleusement préparées, bref on ne vient plus au Touquet pour voir ou se faire voir, mais pour courir, sérieusement, pour participer à un événement exceptionnel et y faire bonne figure. On paie (cher) son engagement, on veut en avoir pour son investissement. Bon, on pourra certes se désoler d’un tel sérieux, regretter les dingueries et rigolades d’autrefois, mais c’est comme ça, point. Sur un circuit raccourci, n’allant plus jusqu’à Merlimont (13 kilomètres seulement) et toujours près de onze cents participants au départ, on pouvait craindre un trafic d’une densité accrue et même des bouchons, comme au bon vieux temps des dunes. Il y en a eu, en effet, au premier tour, aux abords de la ligne d’arrivée, des embouteillages. Mais, comme par enchantement, ils se sont juste résorbés, à la seconde près ou presque, lorsque les leaders se sont pointés pour entamer leur seconde boucle. Belle précision ou coup de bol, on penchera pour la seconde option, en tous cas globalement tout s’est bien passé. Ouf !

10/ Messieurs les organisateurs, SVP !

Un mot pour finir de l’organisation en général : c’est un boulot de titans, surtout quand la tempête règne comme cette année, c’est certain. OK. Cela dit, on a encore subi des tas de petits couacs ici et là (problèmes de pointages et de classements, commissaires à la réactivité défectueuse, salle de presse en manque cruel d’informations, ce genre), alors on est en droit, tous, pilotes, teams, sponsors, journalistes, etc, de réclamer toujours plus de professionnalisme. Please. De la part d’une épreuve qui est assurément l’une des plus belles courses motocyclistes organisées sur la planète, un événement totalement mythique, du niveau du Tourist Trophy de l’Ile de Man, des 200 Miles de Daytona, des plus beaux supercross du championnat américain, de la Baja 1000, des ISDE les plus « costauds » de l’histoire, des Paris-Dakar de légende, bref, ce genre de sommets, c’est quand même la moindre des choses, non ?

"il s’agit, faut-il le répéter, du meeting sportif (gratuit !) réunissant sur un même site le public le plus nombreux qui soit"

Cette formidable manifestation, exceptionnelle à tous points de vue, au plan sportif avec, comme toujours dans le cadre de toutes ces grandes épreuves dites « de masse », cette opportunité offerte aux amateurs de se confronter aux pros, comme au plan populaire, « l’Enduro » attirant, depuis l’origine ou presque, une véritable foule de passionnés et autres curieux, du fan de motocross super averti au motard en goguette, du jeune pilote amateur rêvant de tenter un jour l’expérience au bon père de famille emmenant les siens humer le grand air du bord de mer tout en profitant d’un spectacle unique, il s’agit, faut-il le répéter, du meeting sportif (gratuit !) réunissant sur un même site le public le plus nombreux qui soit (seul le Tour de France cycliste fait mieux, mais sur trois semaines). Bref, un événement à nul autre pareil, dont les organisateurs, la municipalité, la communauté de communes, la région Nord-Pas-de-Calais, la Ligue des Flandres, la FFM, et pour tout dire la France (tatata !) ne peuvent que s’enorgueillir : the famous and only one Enduropale du Touquet ! Alors, s’il vous plaît, messieurs-dames les décideurs, rassemblez toutes les énergies et écoutez ceux qui savent, pilotes en premier lieu, observateurs avertis ensuite, pour faire de ce monument du patrimoine, qui fêtera l’an prochain ses quarante ans (et, comme il n’y a pas eu d’épreuve en 91, sa quarantième édition de même), une pure merveille, une quasi-perfection, quelle que soit la météo ! Rendez-vous en février 2015.

Photos copyright Valentin Guinberteau / Pascal Haudiquert – Mediacross

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