SIDECAR CROSS : Des machines et des Hommes – Partie 2

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Suite et fin de notre coup de projecteur sur le sidecar cross. Aujourd’hui, “Oxboy” vous présente le pilote hollandais Daniel Willemsen, véritable légende du side et détenteur de dix titres mondiaux. Il n’oublie pas les équipages français, avec comme fer de lance le duo Giraud / Musset.

DANIEL WILLEMSEN, LA LEGENDE

Il est impossible de présenter le sidecar cross sans évoquer sa légende vivante : Daniel Willemsen. Quand bien même la star du side est absente d’Iffendic pour cause de blessure, un coup de projecteur s’impose.

Écrire que notre homme aime passionnément sa discipline est un doux euphémisme : il est monté pour la première fois sur un side à l’âge de 6 ans (avec son frère âgé de 4 ans…), sur un Honda 50cc « fait maison » par papa….
Deux informations permettent de bien mesurer le statut de Willemsen aux Pays-Bas : une rue porte son nom dans sa ville d’origine, et le grand Daniel a été honoré par son pays en se voyant décerner l’Ordre d’Orange-Nassau (ordre honorifique civil et militaire des Pays-Bas). Combien de pilotes de MX peuvent s’enorgueillir d’une telle reconnaissance ?

L’empreinte de Daniel Willemsen dans le monde ‘sidecariste’ est immense. Outre un palmarès inégalé et une longévité au sommet de la hiérarchie mondiale, il reste surtout le pilote qui a modernisé le pilotage de ces engins « capricieux ».

Champion du monde en titre, le hollandais détient à ce jour 10 couronnes mondiales, acquises avec 8 passagers différents…. Au delà des chiffres, il y a les circonstances qui ajoutent à la grandeur du pilote, parmi celles-ci, deux retiennent l’attention :

En 2010, le passager de Willemsen se blesse en cours de saison, obligeant le « world champ » à engager un nouveau partenaire. Cette difficulté supplémentaire ne l’empêche pas de coiffer un 8ème titre….

Cet exploit pourrait être classé au rang des banalités, au regard de ce que Willemsen a réalisé en 2012.
Au premier GP de la saison (GP de France, terrain dur), le passager de Willemsen se casse le poignet. Une blessure lourde de conséquences qui réduit à néant le capital entraînement et remet en question l’avenir de la saison.
Willemsen est contraint de trouver rapidement un autre passager, le second GP  (Pays-Bas, terrain sablonneux) ayant lieu le week-end suivant.

Une fois le nouveau binôme constitué, Willemsen se trouve confronté à un double handicap :
1. le nouvel équipage n’a aucun automatisme et doit appliquer la « méthode découverte », 2. le champion en titre ayant enregistré un résultat blanc lors de la première épreuve, il doit se lancer dans une course poursuite assez folle pour combler le retard face à des adversaires conscients que le maître a un genou à terre, et qu’il y a un « coup à jouer ».

En dépit des aléas, l’équipage « vierge » de toute compétition remporte ce GP des Pays-Bas….c’est là que le mot exploit prend tout son sens….
Un malheur n’arrivant jamais seul, le passager n°2 se blesse à son tour, alors qu’il reste 5 GP à courir. Willemsen parvient à engager un troisième passager pour terminer la saison…..Il remporte 2 des 5 GP, et inscrit un 10ème titre mondial sur son « CV ». L’histoire s’écrit parfois avec un grand « H ».

Les chiffres de Willemsen :
–  première victoire de manche au GP de France (Baugé) le 12 mai 1996,
–  première victoire en GP : Estonie 1997,
–  premier titre de champion du monde en 1999 (1 point de plus que le second…),
–  à ce jour 72 victoires en GP,
–  vainqueur à 6 reprises du sidecar cross des nations.

ALLEZ LES BLEUS !!!

Le Grand-Prix de France est évidemment un rendez-vous particulier pour les équipages français. Comme beaucoup de fans, je me faisais un plaisir d’encourager Valentin Giraud et Nicolas Musset, qui occupaient une très belle deuxième place au classement provisoire du championnat du monde à la veille d’Iffendic.


Nicolas Musset a tenu a remercier ses fans en dépit de la déception de ne pas pouvoir rouler devant son public

Malheureusement, une blessure contractée la semaine dernière lors du championnat de France a brisé tous les rêves de victoire…(l’occasion de souhaiter d’avance un prompt rétablissement à Valentin Giraud qui doit subir une opération pour consolider son épaule).
Notre équipage phare a bien tenté de rouler samedi, mais l’épaule fragilisée de Valentin a dit stop…Les français ont quand même tenu a être présent le dimanche, du bord de la piste, pour rencontrer leurs supporters.

En dépit de cette frustration, le spectacle a bien été au rendez-vous. L’histoire retiendra que le tandem Etienne BAX (pilote – hollandais) /  Kaspars STUPELIS ( passager/ letton) s’est offert un doublé imparable.
S’agissant des français, 6 équipages ont passé le cap des qualifications le samedi. Deux  sont rentrés dans les points : Jean-Marie Ains / Bernard Jayet   et Anthony Mecene-Loic Chene.

Iffendic 2013 nous a offert un très beau (et très chaud…) grand prix de France. Chaque spectateur emporte avec lui une multitude d’images et de souvenirs. Un grand merci aux acteurs de ce grand-prix, et bravo au MC Iffendic pour la qualité de l’organisation (sans oublier le respect du public, car à 20 euros le week-end, avouez que le tarif est très raisonnable).  

Crossement vôtre – Oxboy.

En rédigeant cet article, j’ai une pensée particulière pour mon oncle, Jean-Claude LEBELLANGER. Sociétaire du MC Tribehou (oui, la patrie des VIMOND) dans les années 70, il a commencé sa « carrière » en moto avant de s’orienter vers le side…Il est à l’origine de ma  passion pour ces deux disciplines…MERCI TONTON !!!


Les grandes descentes d’Iffendic imposent un gros cœur…sachez que du haut de la pente jusqu’au virage, la roue arrière reste bloquée …

Pour les amateurs de données techniques (un grand merci aux spécialistes du forum planète side-car cross) :

SIDE CAR 4 temps
– poids du side car : 200 kg
– cylindrée de 525 cm3 à 880 cm3 (!)
– puissance de 70 a 90 chevaux

SIDE CAR 2 temps
– poids de 175 a 185 kg
– cylindrée de 500 cm3  à 700 cm3 (!)
– puissance de 75 à 100 chevaux (au milieu des années 80, on pouvait voir des moteurs de 1000 de cm3 développant près de 130 chevaux…..)

Le positionnement du panier est bien souvent lié à la nationalité de l’équipage : les anglo-saxons optent pour le panier à gauche, les suisses, les suédois et les autres pays en général choisissent le panier côté droit.


L’équipage n°5 a le panier à droite, le n°10 a la panier à gauche…

PS : une séance de rattrapage vous est offerte avec un deuxième grand-prix de France, le week-end des 7 & 8 septembre, sur le magnifique tracé de Dardon-Geugnon. Allez-y, vous ne le regretterez pas !

Photos (C) Oxboy / teamwillemsen.com

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