SIDECAR CROSS : Des machines et des Hommes – Partie 1

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Notre fidèle internaute Oxboy, qui vous a déjà proposé d’excellentes contributions sur Mx2k.com, était ce week-end à Iffendic pour assister au grand-prix de France de sidecar cross. De retour de Bretagne, Dominique n’a pas résisté au plaisir de vous faire découvrir cette discipline peu médiatisée, mais énormément spectaculaire.

Le moto club d’Iffendic, théâtre de nombreux GP, a accueilli ce week-end les stars du sidecar cross, vous savez, ces engins venus d’un autre monde.
 
Á mille lieues du «système» MXGP, la planète sidecar reste assez confidentielle, pour ne pas dire marginale. Une particularité qui lui permet de cultiver certaines vertus du sport bien trop souvent oubliées : entraide, solidarité, authenticité, et respect des (bonnes) traditons. 

LE SIDECAR CROSS : AVANT TOUT UN GRAND SPECTACLE
Pour bien mesurer toute la beauté de cette discipline, il faut prendre le temps de suivre « en live » l’évolution d’un équipage lancé dans un tour chrono. Le spectacle proposé est exceptionnel, on peut parler d’une symphonie en plusieurs mouvements…Là, lecteur tu te dis : Oxboy a vraiment attrapé un coup de chaud à Iffendic….Encore quelques lignes (pas celles que l’on snif, hein…)  et il nous raconte Mozart, sa vie son oeuvre…


DUEL EN TETE DE COURSE :
N°2 et vainqueurs du GP : Etienne Bax – Kaspars Stupelis
N°3 et leaders du championnat du monde : Ben Adriaenssen – Ben Van Den Bogaart

Pourtant, un coup d’œil à la définition de ce joli mot permet de comprendre cette transposition que certains pourront qualifier d’osée….. ouvrant le dictionnaire, j’y trouve les termes composition, mouvements joints / disjoints, et orchestre.

Un équipage de sidecar cross s’apparente à un duo musical, où chaque interprète s’appuie   sur une composition qui lui est propre. Au final, une seule mélodie doit s’élever dans les airs pour régaler le public et donner au mot symphonie tout son sens.

Je vous promets que réussir pareille performance pendant 2 fois 30 minutes (+ 2 tours) relève de l’exploit, car les rôles tenus par le pilote et son passager sont bien différents :

Le pilote doit cultiver plusieurs aptitudes :
– dompter les chevaux sauvages de son « engin » (sans s’arracher les bras),
– maîtriser un sidecar à la stabilité toute relative et aux réactions parfois violentes,
– anticiper les « caprices » de sa machine, et avoir une confiance aveugle sur les faits et gestes de son passager,
– avoir un gros coeur pour, à chaque saut, envoyer dans les airs un engin de 200 kg et ses deux bons hommes…..

De son côté, le passager est le roi des mouvements joints, ou disjoints.
Traditionnellement appelé singe, ce nom prend tout son sens lorsque l’on observe les acrobaties de l’athlète : sur un laps de temps très court, vous le voyez assis sur la selle et fermement accroché à son pilote, quelques mètres plus loin on le retrouve debout dans le  panier, enfin, au virage suivant il est carrément à l’extérieur du dit panier pour éviter au side de se renverser.

Vous l’avez compris, le singe est le maître des figures de style. La légende raconte qu’en le voyant exceller dans cet exercice où chaque position interpelle le regard, Fernande Grudet, alias madame Claude, aurait déclaré que l’on pouvait ranger le Kamasutra au rang des antiquités, c’est dire….

Ce rôle de funambule du tout terrain démontre toute l’importance du singe, garant de « l’harmonie au sein du couple ». La moindre erreur de sa part peut provoquer une réaction en chaîne très douloureuse, tant pour sa santé que celle du pilote…bref, il est un chef d’orchestre dont la prestation conditionne pour beaucoup le succès de la symphonie.

PRODUCTION RULE ? Connaît pas….

Inutile d’être un expert de la clé de douze pour se rendre compte que chaque side est une oeuvre d’art. Pas de production à la chaîne mais des engins conçus par des sorciers de la mécanique, ajustés précisément aux spécificités et aux exigences de chaque équipage…..
Précision concernant la motorisation : le sidecar cross voit 2 écoles s’affronter : d’un côté les adeptes du 4-temps, de l’autre les fidèles du 2-temps, une singularité qui ajoute à la magie de ce sport….



1+1 = ?

Le sidecar cross de haut niveau est synonyme d’exigence. Au delà d’un engagement physique hors norme, le pilote et son passager doivent construire ensemble une vraie complicité. De cette connaissance mutuelle naîtra l’osmose indispensable à tout rêve de victoire…
L’équation qui mène au succès est donc simple, au risque de bouleverser toute logique mathématique : 1 pilote + 1 passager = 1
Pour parvenir à ce résultat, le binôme doit s’imposer des heures d’entraînement, des litres de carburant et de sueur, sur tout type de terrain et quelles que soient les conditions.


Le side car a su conserver quelques belles traditions, notamment cette parade  des équipages avant le début des hostilités

B comme BEAUTÉ, ou BRUTALITÉ
Un grand-prix de sidecar cross est un concentré de plusieurs GRANDS moments de sport. Je suis fan de motocross depuis mon premier souffle et je vibre chaque fois que je « vis » une course, mais je dois bien avouer que la planète sidecar offre des « instantanés émotionnels » uniques.

Au premier rang de ces émotions si particulières, il y a la mise en place derrière la grille :
La vue de ces gladiateurs d’un autre temps qui entrent dans l’arène, le son indescriptible des 2-temps (je passe bien entendu sous silence la dissonance phonique des 4-temps…), l’odeur qui se dégage des pots d’échappement énormes, tout concoure à l’extase. Ce cérémonial qui précède le départ me donne toujours la chair de poule, comme un espace-temps magique, une porte ouverte vers l’empire des sens.

Outre la confrontation 2-temps vs 4-temps, un deuxième paramètre vient « pimenter » le départ : les équipages sont libres de rouler avec le panier à droite, ou à gauche…hé oui,  derrière la grille certains paniers sont côte-à-côte…voilà pour le volet social du side qui cultive au mieux les bienfaits de la promiscuité…


Imaginez le son qui s’échappe de cet "instrument" …

Le deuxième effet Kiss Cool se produit au baissé de la grille, qui libère les équipages et leurs monstres de puissance. Autant de monde pour si peu de place au premier virage, je vous laisse imaginer la dose d’adrénaline au mètre carré…Je ne connais pas le ressenti du pilote ou du passager à ce moment précis de la course, mais je sais une chose : du bord de la piste, c’est sublime et terrifiant à la fois…ensuite, place à 35 minutes de pur bonheur, d’émotions, de frissons….

Partie 2 (A venir demain) "DANIEL WILLEMSEN, LA LEGENDE" & "ALLEZ LES BLEUS !!!"

Crossement vôtre – Oxboy.

En rédigeant cet article, j’ai une pensée particulière pour mon oncle, Jean-Claude LEBELLANGER. Sociétaire du MC Tribehou (oui, la patrie des VIMOND) dans les années 70, il a commencé sa « carrière » en moto avant de s’orienter vers le side…Il est à l’origine de ma  passion pour ces deux disciplines…MERCI TONTON !!!

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