Voyage au centre de la Terre

Oxboy-011007

Notre forumeur Oxboy s’est rendu à Budds Creek afin d’assister au Motocross des Nations : Enchanté de son voyage, époustouflé par la performance de Ryan Villopoto, ému pour la dernière apparition de Ricky Carmichael en motocross, heureux de la seconde place du team français… Oxboy vous raconte en détail son périple américain…


Fin d’année 2006, je suis chez moi en train de regarder le calendrier de la saison prochaine, histoire de me faire une première idée des compétitions que je pourrais aller voir.
Budds Creek, le nom apparaît là sous mes yeux, lieu de l’événement majeur de la saison de motocross cette année. Plusieurs particularités pour cette édition parmi lesquelles trois ne passent pas inaperçues:
1 – Le MX des nations se déroule de l’autre côté de l’océan Atlantique chez nos amis américains. En sachant que la dernière épreuve s’était déroulée en 1987 (avec une victoire américaine à la clé sur le célèbre circuit d’Unadilla, et dans des conditions pour le moins humides…), nul doute que l’affrontement USA / Europe aura une saveur particulière, et que la motivation des pilotes américains sera décuplée…
2 – Le circuit de Budds Creek qui a été choisi comme lieu de l’affrontement Etats-Unis/reste du monde est un des tracé « référence » chez l’oncle Sam….un régal tant pour les pilotes que les fans
3 – Enfin, last but not least, il s’agira de la dernière compétition internationale outdoor pour le pilote considéré à juste titre comme THE GOAT, Ricky Carmichael himself.

Et là germe en moi une idée folle, casser ma tirelire pour aller vivre THE EVENT, saluer une dernière fois le plus grand pilote de tous les temps. Après avoir découvert le SX US en 2004, je me dis qu’il n’y a pas meilleure occasion de revivre des grands frissons, et de pouvoir dire plus tard : j’y étais ! ! ! C’est décidé, j’ouvre les entrailles du cochon et je me lance de ce projet, pour ne pas un jour nourrir de regret.

Une autre raison qui me pousse à partir vers « LE NOUVEAU MONDE », le désir d’encourager l’équipe de France. Une équipe qui a évolué en cours de saison après les blessures de deux de ses représentants majeurs. Le Cobra et Christophe POURCEL out, il a donc fallu pour O.Robert composer avec les impondérables inhérent à notre sport, et bâtir un autre team France. Cette équipe composée désormais de Seb Pourcel, leader moral de la French connection, de PELA et de Nicolas Aubin n’est peut être pas la meilleure en valeur intrinsèque, mais il ne fait aucun doute qu’elle saura compenser à la fois par son esprit de corps, un désir conquérant et surtout une certaine homogénéité (qui fera cruellement défaut à beaucoup d’autres pays).

A l’annonce de ce team new look, j’ai deviné les sourires et parfois même lu les propos sarcastiques de certains, qui ne sont pas sans rappeler ceux déjà vus ou entendus pour l’édition 2001. En effet, un petit flash back de 6 ans et l’on se souvient d’une situation similaire : Celle d’un team tricolore dont les mauvaises langues disaient (décriaient ?) qu’il s’agissait d’une équipe « B » (avec Téfli, DV12 et Séguy), mais qui au final avait remporté sur la célèbre citadelle de Namur ce qui reste encore aujourd’hui le seul trophée français de l’histoire. Alors 2007, même scénario pour un même résultat ?

Nous y sommes et le film peut commencer :
Vendredi 21 septembre 2007 je m’envole en compagnie de Nofoot pour Washington DC, des rêves plein la tête, et quelque chose me dit (déjà…) que je ne vais pas le regretter.
A notre arrivée à l’hôtel, nous rencontrons d’autres Prouteurs, le célèbre couple PRINCE OF BEL AIR. La petite communauté française commence ainsi à prendre forme, et ce n’est qu’un début…Place à une bonne nuit de sommeil, et demain et un autre jour ……..

Budds Creek, commune du Maryland située à environ une heure de route de Washington DC, capitale des états-unis. Samedi matin à 08H00, la colonie tricolore quitte l’hôtel situé en banlieue de Washington pour se rendre sur le circuit. Seulement, bien avant d’arriver sur place, c’est un immense bouchon qui nous attend, la faute à une seule entrée prévue pour accéder au paradis…..et à des américains qui viennent nombreux pour vivre l’événement.…La décision s’impose à nous, si nous ne voulons pas rester dans la voiture pendant que les pilotes roulent, il faut trouver une solution….Celle-ci apparaît rapidement devant nos yeux, avec des propriétaires qui louent des emplacements voitures aux abords du circuit, moyennant finance bien évidemment…La place nous coûte 30 $, elle en vaudra 40 le lendemain, ou comment gagner de l’argent sans faire d’effort…

Nous voici face au « PLUS GRAND CIRQUE DU MONDE », et à l’entrée du circuit l’émotion est palpable au sein du clan français. Budds Creek est devant nos yeux, nous sommes excités comme des enfants qui attendent leur premier cadeau de Noël, il ne reste plus qu’à ouvrir le cadeau, le rêve peut enfin commencer…

Outre la compétition proprement dite, avant d’arriver ici mes pensées allaient aussi vers NO FEAR, FOX, THOR, TROY LEE, etc…ma carte bleue était prête à l’emploi, j’avais hâte de remplir ma valise…Mais grosse frustration de mon séjour, aucun stand digne d’intérêt comme on peut les croiser à St Jean ou Ernée. Au moins sur ce point, les américains ont encore des leçons à prendre de la part des français… nous gardons le leadership ! ! !

L’accès au paddock est réservé à une minorité et des agents de sécurité sont là pour filtrer l’entrée. Des personnes ayant pourtant acheté au prix fort (50 $) le précieux sésame permettant d’aller déambuler dans les allées en seront pour leur frais et se feront rejeter, trop de monde selon les « pit bull » de faction….Rançon du succès ou excès de zel de la part des américains ? Très certainement un peu des deux, mais pour le moins des méthodes peu honnêtes de la part des responsables….

Nous poursuivons notre approche, pour enfin pénétrer dans l’arène….les mots ne suffisent pas pour décrire la beauté du tracé de Budds Creek…dès le premier coup d’œil, dans ma tête il se passe quelque chose…. Si je devais comparer Budds Creek à un circuit européen traditionnel, je pourrais parler de choc culturel tellement la différrence est importante, tant dans la conception du tracé, le dessin des sauts, ou encore la façon dont la terre est travaillée. Attention, point de méprise à la lecture de mes propos, il ne s’agit pas pour moi de dire que les circuits US sont meilleurs ou plus beaux, non, ils sont radicalement DIFFERENTS, ce qui ajoute un intérêt supplémentaire à notre venue ici. Oui la piste de Budds Creek est agréable à regarder, et elle n’est pas seulement « BELLE DE JOUR »…

Ce circuit que je croyais connaître par le biais des vidéos du championnat US s’avère en fait totalement différent une fois que l’on pose ses yeux (et ses pieds) dessus.
Une piste d’une grande qualité technique, truffée de saut à la mode américaine, et une terre griffée aux petits oignons, qui sera un régal pour les pilotes, du moins en début de journée…Et oui, autre spécificité US, une fois le circuit préparé avant le début de la compétition, il n’est plus refait. Seuls quelques appels de saut jugés dangereux sont nivelés, mais pour le reste, notamment les trous et les ornières (énormes), on ne touche à rien, ce qui rend plus admirable encore le travail des pilotes sur leurs machines…Entre l’exigence du tracé, la chaleur et l’humidité ambiantes, on se dit que la préparation physique aura son importance et que certains vont vivre « UNE JOURNEE EN ENFER ». La grande qualité d’un tel circuit est liée à sa préparation. Au contraire d’un tracé conçu sur une terre dure qui peut devenir vite mono trajectoire (donc ennuyeux), Budds Creek évoluera quasiment à chaque tour, offrant aux pilotes plusieurs options de trajectoires, facilitant de la sorte les dépassements, donc le spectacle. Tous ces paramètres feront partie des éléments déterminants pour prétendre aux accessits.

Une balade autour du tracé permet de se rendre compte que nous ne sommes pas seuls à arborer le drapeau tricolore. A plusieurs reprise nous croisons des défenseurs du coq Gaulois, venus de toutes les régions de l’hexagone, et il faut avouer que ça fait du bien. Comme quoi, le charme du rêve américain à bien opéré, et on se sent heureux d’être là, au milieu de la communauté « bleu-blanc-rouge ». Bien sûr, nous ne sommes pas grand chose face à l’ogre américain, mais la qualité fera la différence, foi de Normand !!!

Une première rencontre avec LEBIG, journaliste de Motoverte (envoyé permanent aux US), et ce dernier nous fait part de son analyse professionnelle sur les forces en présence. Il nous narre également l’épisode italien sur la non arrivée de certaines motos….., une situation typiquement latine ! ! Faire fi des consignes douanières américaines en voulant mettre autre chose que des pièces mécaniques dans les caisses était une erreur, et si certains pilotes comme Cairoli ou Nicolas Aubin ont eu leur monture au tout dernier moment, d’autres pilotes sont toujours à Budds Creek dans l’attente de leur moto….

THE RED BULL MOTOCROSS OF NATIONS, BY FOX

Voici donc l’appellation officielle du motocross des nations version 2007, une dénomination que l’on entendra très souvent dans la bouche du speaker et qui peut surprendre « LES VISITEURS » que nous sommes. Il faut garder à l’esprit que nous sommes au pays de l’argent et du sponsoring, et il est de bon ton de citer pour ne pas dire remercier les sponsors généreux …En parlant de speaker, nous aurons l’heureuse surprise d’avoir Magnanou pour commenter les courses dans la langue de Molière, ce qui n’est pas pour nous déplaire…

Une première anecdote concernant les sponsors : Carmichael comme Villopoto ont comme partenaire commun MONSTER ENERGY, boisson concurrente de RED BULL…. Pour cette raison, dès qu’ils montaient sur le podium pour saluer le public, les deux pilotes américains s’empressaient de saisir une cannette Monster, d’en boire une petite gorgée et surtout de bien la montrer à l’assistance…poussant même « le vice » à citer Monster dans la longue liste de leurs sponsors pendant les interviews…

Place à la course :
Les premiers essais libres sont toujours intéressants, ils permettent aux pilotes comme aux fans de prendre la température, et de voir si une première hiérarchie se dessine. Au jeu des chronos, j’attends impatiemment la catégorie MX2, de loin la plus excitante avec le duel Villopoto / Townley / Cairoli, en ayant toujours un coup d’oeil sur la performance de Nico Aubin.

Chacun sait que le champion du monde italien avait à coeur de montrer la valeur de son titre face aux pilotes américains, et pourquoi pas de rééditer l’exploit du MX des nations version 2006. Un Cairoli énervé (par le fait qu’il ait eu sa moto au tout dernier moment) et motivé , ça donne toujours quelque chose sur la piste…

Seulement, on ne peut pas tricher avec les chronos, et à ce jeu là, Villopoto annonce déjà la couleur en jouant à « PUSHING THE LIMITE », imité une seconde plus loin par Townley. Les deux meilleurs pilotes outre-Atlantique démontrent toute l’étendue de leur talent, infligeant une première claque à Cairoli. Aubin se son côté confirme sa place et son potentiel en signant le 4ème temps, de bonne augure pour la suite des évènements. Nicolas reste fidèle à son style si pur, si propre et si beau pour les rétines, surtout sur une piste qui fait la part belle au pilotage…
Au cours de ses essais libres, un événement majeur aux conséquences graves va se produire, là juste devant nos yeux. Ben Townley chute très lourdement à la réception d’un saut, la KXF PRO CIRCUIT s’envole dans les airs et s’écrase beaucoup plus bas, sans son pilote qui a tout lâché. Une chute très impressionnante qui laisse BT un peu sonné, et sa Kawa quelque peu abîmée. Conséquence immédiate, on ne verra plus Townley du week-end, il paraissait pourtant être le seul pilote capable de venir chatouiller l’E.T VILLOPOTO…une partie du suspens de la catégorie MX 2 s’envole donc précipitamment, et avec elle les espoirs de briller pour la Nouvelle Zélande.

En MX1, Ricky Carmichael a roulé comme d’habitude, atomisant la concurrence, on se dit que seule une chute au départ serait la bienvenue pour mettre un peu de piment dans cette catégorie…Derrière RC # 4, Chad Reed démontre qu’il n’a rien perdu de sa valeur en outdoor, suivi de près par un excellent Seb Pourcel…. Un Seb qui était vraiment plaisant à voir rouler durant ce week-end, un pilotage propre, pas de risques inconsidérés sur ce type de circuit qui ne pardonne pas beaucoup les erreurs, B.Townley lui s’en souvient encore…

Enfin, en MX3, la bannière étoilée est encore à l’honneur avec la domination de Tim Ferry qui fait preuve lui aussi d’une belle vélocité. De son côté, PELA signe un très joli cinquième temps à la fois prometteur et rassurant. Comme ses deux camarades, le pilote Normand semble apprécier ce circuit atypique pour un non initié.

Voilà, les essais libres sont terminés, et ce n’est qu’un début pour nos pupilles aguerries…Les pilotes américains sont motivés ça ne fait aucun doute, et l’europe a du souci à se faire, le « GUET APENS » tendu par l’oncle Sam semble fonctionner…

A ce sujet, pendant la première pause nous débattons sur les forces en présence, et s’il est une constatation qui apparaît évidente aux yeux de tous, c’est que battre l’équipe américaine à la régulière relève plus du rêve (pas américain celui-là…) que de la réalité, et que ce qui attend les deux champions du monde 2007 ressemble au « GRAND DEFI » .

En ce qui concerne les autres équipes dites de pointe, il y a tout de même une constante, à savoir que beaucoup de teams ont un maillon faible, excepté tout de même la France qui fait montre d’un bel équilibre. Pour les entraîneurs, la gestion du pilote supposé moins fort sur le papier sera déterminante pour l’accès aux places d’honneurs.

Il est temps de s’installer pour vivre les qualifications. On sent la tension monter d’un cran, pas de fébrilité dans notre camp, nous avons confiance en nos pilotes, les essais du matin sont là pour attester du sérieux de la préparation française et de l’aisance des frenchies.

La première manche MX 1 ressemble à une promenade de santé pour Carmi qui me rappelle Tom Hanks dans « seul au monde » …Son cavalier seul me permet d’admirer son pilotage si particulier, et sa vitesse lorsqu’il rentre dans un virage reste ahurissante, je me demande comment il fait pour maîtriser la RMZ dans des telles conditions. Ces images fortes vont me manquer c’est certain…

Derrière Carmi, il est temps « QUE LA CHASSE COMMENCE », et l’intérêt de la course vient notamment du numéro 13…Parti en milieu de peloton, Seb Pourcel démontre toute la motivation de l’équipe de France en remontant un à un les concurrents, pour terminer à une belle sixième place. Le leader du team France a donc montré la voie à ses petits camarades, il a fait preuve d’une réelle combativité qui fait plaisir à voir…

Seule grosse surprise dans cette première confrontation, la 21ème place de Chad Reed qui a du opérer un « pit stop » pour une intervention sur la moto.

Dans la catégorie MX2 et en l’absence de Townley, la route semble dégagée pour Villopoto. Ce dernier imite d’ailleurs Carmi pour s’envoler seul et nous faire le coup de « ARRETE MOI SI TU PEUX ». Là encore, je dois reconnaître que le regarder du bord de la piste donne une sensation assez incroyable. Outre le bruit incroyable de la KXF Pro Circuit (quelle puissance dans cette moto, réellement impressionnante et vraiment une « ARME FATALE », la seule à craquer de la sorte dans les grandes montées ! ! !), le pilotage du jeune américain est bluffant. Le regarder devant un écran de télévision est une chose, mais le voir évoluer devant soi vous donne toute la mesure de son talent, de sa maîtrise et de son agressivité sur la piste, une vraie révélation…. Ce que je retiendrais de R.V ? Une attaque de tous les instants, ou le mot « récupération » semble absent du dictionnaire. A cela vous ajoutez sa faculté à maîtriser la puissance de sa monture en toute circonstance. Même dans les ornières les plus profondes, Villopoto maintient la poignée de gaz dans une seule position : A FOND. Que la KXF soit bien en ligne, qu’elle soit de travers, peu importe, le pilote reste dans les tours et fait corps avec sa belle, une grande et belle leçon de motocross, mes rétines ont brillé de plaisir sur ce circuit qui rend hommage à la technique de pilotage… Là je me dis qu’à moins de donner un 80cc au pilote américain, l’issue des courses est déjà connue…ses temps au tour font froid dans le dos (il sera le plus rapide toutes catégories confondues), et on se croirait dans la quatrième dimension, à savoir un pilote dans son monde, et les autres loin derrière…

D’ailleurs, plutôt que le mot « course », j’emploierais volontiers celui d’entraînement tellement la différence de niveau est grande entre le RV et ses concurrents…Parmi eux, on retrouve Cairoli en seconde position suivi de Swanepoel et Nicolas Aubin. Suivant les traces de son aîné Pourcel, le pilote Normand affirme tout son talent et ses facultés en SX font merveille. Entre l’attaque à outrance d’un Villopoto et la finesse de pilotage d’un Aubin, j’avoue que je suis aux anges, ne sachant plus où regarder. C’est aussi l’un des gros atouts du circuit, il offre une diversité incroyable dans les difficultés techniques, ceci pour le plus grand bonheur des spectateurs… Revers de la médaille, Budds Creek accepte mal les carences de certains pilotes, et la finale « B » du lendemain sera là pour nous le démontrer. Un nombre assez incroyable de chutes et d’empilements en tous genre…tout cela sous l’œil de certains commissaires de pistes complètement incompétents…Pour ces pilotes moins expérimentés, la piste américaine sera synonyme de « PIEGE A GRANDE VITESSE ».

La dernière manche de la journée est l’occasion pour Tim Ferry de donner raison à Roger de Coster. La sélection du pilote officiel Kawa n’avait pas fait l’unanimité dans le milieu crossiste américain (certains préférant plutôt Alessi), et cette manche permet au pilote officiel KAWA d’apporter la plus belle des réponses à ses détracteurs..Il n’y a pas qu’en France qu’il y a autant de sélectionneur que de fans….

La grosse et belle surprise de cette manche finale vient de PELA qui fait une belle sortie de grille et se maintient en 4ème position. L’excitation chez les supporters français est à son comble, car à cet instant précis la France est idéalement placée pour choisir une bonne place sur la grille le dimanche…Malheureusement, ce moment de bonheur ne durera pas toute la manche, car victime d’un problème mécanique, PELA doit rentrer au stand. Sur le bord de la piste nous sommes dépités et commençons à revoir les calculs…Toutefois et en dépit de ce mauvais coup du sort, nous avons toutes les raisons d’être optimistes en attendant demain. Les pilotes français se sont montrés sous leur meilleur jour, et tous les rêves sont permis….. Avant de quitter le circuit pour rejoindre Washington, nous allons sur la piste pour avoir une idée un peu plus précise sur la texture du sol. En fait et de façon très intelligente, les américains font un mélange terre meuble – copeaux de bois. De cette façon, une fois la piste arrosée, l’humidité se conserve plus longtemps, évitant par là même la poussière (ce qui n’est pas négligeable en raison de la chaleur caniculaire qui règne dans la région…). Du fait de cette particularité, je comprends mieux maintenant les évolutions permanentes de la piste, il suffit de marcher dessus et la terre s’enfonce sans résistance, alors imaginez les traces de crampons à la place de mes pieds …et imaginez aussi la taille des ornières….Respect total pour les pilotes qui doivent maîtriser ses éléments pour le moins hostiles….

La fin de journée est là, nous nous rendons sur les hauteurs du circuit où les organisateurs ont eu la bonne idée de construire une piste de SX réservée aux amateurs. A notre grande surprise, des dizaines pour ne pas dire centaines de pilotes sont là, par groupe de 20, chacun attendant le tour de sa série pour s’engager sur la piste et se faire plaisir, du simple débutant au pilote confirmé…encore et toujours le modèle américain…

Après avoir assisté à cette démonstration et ne pouvant pas accéder au paddock…, il est temps pour nous de rejoindre Washington. Une bonne douche et surtout un bon et vrai repas…La nuit porte conseil, et je sais que mes rêves seront beaux, « DEMAIN NE MEURT JAMAIS »…

DIMANCHE
6 heures du matin, nous quittons l’hôtel pour être sûrs de ne pas connaître la même mésaventure de la veille. A notre arrivée les bouchons ont déjà pris forme ( !) et je me dis que les américains aiment vraiment le motocross…. Nous appliquons la même tactique que la veille en garant la voiture dans un champ « payant »…

Les hordes de supporters sont là, les longues files de voiture s’engagent vers le circuit, et je me dis que nous n’allons pas être seuls autour de la piste. A propos du public américain, il faut noter qu’ils viennent en famille (comme nous) et qu’ils se déplacent avec leur glacière remplie de glace et de bière…et oui, il n’y a aucun alcool vendu sur le circuit, alors l’américain est prévoyant…pourrions-nous appliquer une telle mesure à Namur par exemple ? ? ?lol

Avant le début des hostilités, plusieurs surprises nous attendent, au rang desquelles la venue sur le podium de bons nombres « d’anciennes gloires » du cross américain.

C’est ainsi que vont défiler devant nos yeux ébahis, Jeff Stanton, Ron LECHIEN, Ricky JOHNSON, Jeff EMIG, Magoo CHANDLER (photo ci-dessous),…..belle distribution qui me renvoie quelques années en arrière, pour mon plus grand plaisir, moi qui ait eu la chance de voir évoluer certains de ces pilotes.

Autre événement très fort sur le plan émotionnel, juste avant le départ de la première manche : Apparaissent côte à côte Stephan EVERTS et Ricky Carmichael…les deux plus grandes stars de ces dernières années nous régalent d’un tour d’honneur sous les clameurs de la foule. Un bien bel hommage pour ces géants qui ont tant donné au motocross mondial, et des remerciements à l’initiateur de cette parade…

Il est temps de passer aux choses sérieuses avec la première confrontation de la journée MX 1 / MX 2. A l’idée que derrière la même grille se trouvent les 2 pilotes les plus rapides de la planète cross me procure des sensations exceptionnelles, je comprends à cet instant que je vais vivre un grand jour comme un fan en vit peut dans sa vie. La tension cette fois-ci est extrême, et dès le baissé de la grille, la KAWA n° 2 s’envole, R.V prenant un premier virage de folie, tout en accélération et debout sur les cales-pieds. A l’inverse, Carmi le holeshoteur fou n’apparaît pas et ce que nous « espérions » la veille se produit. The GOAT a chuté et repart bon dernier, alors imaginez la folie autour du circuit avec des américains scandant USA !!! et exhortant leur idole à avaler ses adversaires les uns après les autres…Pendant que Carmi commence une folle remontée qui le mènera à la troisième place, Villopoto a déjà creusé l’écart et ce, dès la fin du premier tour ! Ce pilote est définitivement hors norme, et le voir rouler à ce niveau avec une telle aisance me laisse pantois, je ne suis pas venu pour rien. Sur la planète MX, Villopoto est devenu roi. Derrière lui, les pilotes français ont bien négocié leur envol, et qu’il s’agisse de Seb ou Nicolas les chances de la France de bien figurer dans cette première manche sont réelles. Pour le spectateur avisé, le scénario est vraiment idéal avec un Villopoto seul devant dont on peut disséquer le pilotage au millimètre, et un Carmi engagé dans une « chevauchée fantastique »…Le voir avaler ses adversaires les uns après les autres et nous faire « L’EFFACEUR » est un autre grand moment de motocross, la foule est aux anges, comme moi. Pendant ce temps, on assiste à une belle bataille entre Searle, Philippaerts, Reed et Pourcel, Seb ne se précipite pas et semble gèrer parfaitement son effort. En peu de temps, Carmi est déjà remonté sur les avants postes, et l’on se dit qu’il pourrait venir coiffer Reed pour le gain de la 2ème place, histoire d’offrir à son pays le premier doublé…Mais l’Australien ne s’en laisse pas compter et va fournir un dernier effort pour contrôler RC # 4.

Au passage devant le drapeau à damiers, Villopoto s’octroie une victoire qui ne souffre d’aucune contestation, suivi par Reed et Carmi. Seb Pourcel passe la ligne en quatième position tandis que Nico Aubin s’adjuge la dixième. Un très beau résultat pour l’équipe de France qui est partie dans le bon wagon et a su maintenir le cap. A noter la prestation décevante du champion du monde MX 2, Cairoli n’a pas vécu la même réussite que l’an passé et a abandonné prématurément.

Un mot sur le public américain qui est venu en masse et encourage ses pilotes, toutefois sur l’échelle des valeurs, l’excellente ambiance de Budds Creek ne rejoint pas la folie vécue à Ernée 2005.

La seconde manche MX2 / MX3 voit s’envoler Villopoto (!) qui sur ses terres connaît « L’ETAT DE GRACE ». Il y a vraiment du Carmichael dans ce pilote…Avec lui, le « PERIL JEUNE » devrait frapper encore longtemps…

Pendant que

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