Ben Townley de 2001 à 2007, itinéraire d’un enfant pas comme les autres…

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Genk 2001, ou le souvenir d’un week-end apocalyptique. Averses abondantes, froid polaire et terrain ruiné. Dobb et Pichon surnagent, Reynard (pigiste CAS) et Bolley coulent… Sous l’auvent Suzuki Phase, team de seconde zone et caractérisé à l’époque par un look peu enviable, réside Justin Morris, éternel espoir du cross briton à la fin des années ’90 et début 2000. Pour l’occasion, l’équipe s’adjuge les services d’un jeune Néo Zélandais de 16 ans à peine, complètement inconnu au bataillon, un certain Ben Townley !?…

Au terme d’une course sans relâche il finit dixième dans le cloaque limbourgeois, soit la meilleure place enregistrée par une Suz’ et la meilleure perf’ du team cette année la. Coup d’essai, coup de maître…

Sa prestation n’étant pas passée inaperçue, Ben se voit confier une KTM en cours de saison, référence de la catégorie à l’époque. Il intègre la structure Vangani de Tinus Nel, mentor de Rattray et à côté de qui il prend part aux dernières épreuves du championnat de Hollande, s’améliorant de course en course. Un hiver plus tard, synonyme de six mois de travail acharné, il déboule à Lommel dans la neige sur une course de pré saison et livre une baston d’anthologie aux côtés de Volhand et Strijbos, dégageant une étonnante impression de facilité face à ses adversaires du jour… Quelques semaines plus tard il fait sensation à l’ouverture du mondial 2002 en scorant une belle seconde place. S’en suivront 4 podiums et une première victoire en Suède, la machine est en route…

Imaginez un instant la démarche de ce gamin de 16 ans à peine. Sortir du cocon familial et quitter sa région natale, pays des moutons, des cascades et des décors idylliques pour venir s’installer à Balen, Belgique. Cent trente jours de pluie par an, une ambiance mortuaire et une marée de sable pour se faire les dents. Même la transition Biarritz- Maubeuge n’est rien à côté… Pas de doutes, ce kid a les crocs !

La suite on la connaît, une saison 2003 marquée par une blessure en cours de saison, le titre MX2 haut la main la saison suivante et une transition réussie dans la classe supérieure en 2005. Il se montre dès lors le seul avec Coppins et Pichon à pouvoir inquiéter la suprématie Everts.
Le MXDN à Ernée dans la foulée, ou cette dernière manche d’anthologie qui le voit revenir dans la roue de RC himself, repoussant le floridien dans ses derniers retranchements.

S’en suit le départ aux US et un come-back dans la catégorie inférieure, ou comment reculer pour mieux sauter.
Et là premier faux pas, rupture des ligaments croisés du genou à quelques jours de l’ouverture du SX enchaînée d’une fracture du poignet à l’aube de l’été, deux blessures qui en auraient laissé plus d’un sur le carreau. On craint un moment qu’il ne suive la voie Langston /Tortelli à savoir d’enchaîner les blessures plutôt que les titres mais il n’en est rien. Un National et un MXDN pour se remettre dans le bain et le kiwi retrouve le chemin du succès dès la seconde épreuve du SX lites East coast. Comme en 2003, un retour de blessure parfaitement géré au terme d’un travail acharné, encore un signe qui ne trompe pas. Pas de doutes, le Ben est un pur produit de la race des vainqueurs…

Déjà lorsqu’il bossait avec Coppins, Smets, Rattray et toute la clique chez Demeulemeester, il fallait toujours qu’il en fasse plus que les autres. Plus vite, plus fort, plus loin, telle était sa devise. Chaque sortie vélo s’apparentait à une troisième manche et chaque mouvement de terrain était prétexte à un sprint improvisé. Townley c’est un « repousseur de limites », le genre de mec qui culpabilise si il ne dépasse pas au moins deux fois son seuil anaérobie dans la même journée…
Avant même de mettre un pied sur le sol US, il s’est entouré des meilleurs, à savoir Baker et RC. Il savait certainement qu’il allait en chier mais tant mieux, il y allait pour ça et au vu de sa métamorphose physique et de son état de forme actuel, il ne doit pas regretter ses choix.
Dans le sport de haut niveau, on a toujours pour coutume de faire deux groupes distinctifs, les talentueux d’un côté et les bosseurs de l’autre. Townley appartient au troisième groupe, celui des talentueux qui bossent encore et encore et encore…

Dimanche prochain Southwick, troisième étape du championnat US, une piste sablonneuse cratérisée et une humidité insoutenable, sorte de juge de paix intraitable. La dernière fois pour Ricky et la première pour Ben, il ne serait pas étonnant de les voir triompher d’une avance confortable, chacun dans leur catégorie respective.
Et si, tout simplement, on assistait à un relais, à une sorte de passation de pouvoirs RC-BT ??

Premiers éléments de réponse dimanche soir, la suite dans quelques années…

Texte copyright Yves DeVlaminck – Photos copyright Mx2k.com / Steve Bruhn

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