Départs grillagés : stop ou encore ?

pichons

Mickaël et Zachary Pichon

 Giuseppe Luongo l’a annoncé à l’occasion du Supermotocross début octobre. En 2017, les lignes de départ des Grands-Prix évolueront. Finie cette zone naturelle derrière la grille que les pilotes jardinent avec métier et attention pour se préparer une trace propice au holeshot. Désormais, les lignes de départ du championnat du Monde seront recouvertes d’un grillage métallique afin de permettre une plus grande équité entre pilotes. Un changement qui amène son lot de bouleversements et, évidemment, suscite adhésion ou rejet. Ce sont ces sentiments que nous allons tenter de cerner en appelant pendant un mois, chaque mercredi, des pilotes de niveaux différents. Cette semaine, ce sont les Pichon, Mickaël et Zach, qui nous répondent. L’occasion d’avoir l’avis de l’ancienne génération et de la nouvelle !

 

Mickaël

« Je suis un vieux con qui radote, un peu nostalgique sur les bords alors forcément, je pense que c’est mal (rires). D’ailleurs au début, je pensais que c’était une blague ! Pourquoi changer ça ? Dans les faits, cela pose plusieurs questions. Déjà il faudrait savoir ce qui va se passer les jours de pluie, ou humides. La grille sera-t-elle protégée car on le sait, une tôle humide, ça glisse beaucoup. Il nous faudra aussi apprendre les réactions du pneu en cas de grosse température : là, ça risque d’être hyper accrocheur. Je n’ai pas vu encore à quoi ça ressemble un départ grillagé puisque je ne me suis pas déplacé sur un SX cet automne… Aurons-nous également des départs grillagés en France ? Il y’en a eu sur le SX Tour, mais quid sur l’Elite ? De prime abord, ça paraît plus équitable en tout cas… Tout le monde sera logé à la même enseigne.

Le truc bien, c’est que ça évitera aux pilotes d’avoir à migrer vers le départ 30 minutes avant la manche, comme c’est le cas parfois. C’est stressant pour ceux qui n’y sont pas de savoir que les concurrents préparent déjà leurs traces. Youthstream aurait dû définir un créneau horaire pour freiner un peu cette dérive… A mon époque, on arrivait 20 minutes avant et basta. Il n’y avait pas ce jeu d’intox.

En tout cas, moi j’aimais bien préparer ma trace. Ça me plaisait car il y avait déjà à gagner sur les autres, juste en choisissant la bonne ligne et en travaillant bien sa ligne de départ. J’étais déjà dans mes courses, à m’imaginer au premier virage. C’était le métier. Maintenant, il n’y a plus de question à se poser, si tu dois te mettre à gauche, ou à droite, de tes principaux concurrents. Un bon temps chrono ne sera plus aussi décisif qu’avant. Idem pour les qualifs qui ne servaient déjà pas à grand chose. Ce sont les team-managers qui seront heureux car cette fois-ci, leurs pilotes rouleront vraiment en dedans lors des qualifs ! Les risques de blessures vont baisser pour le coup… D’ailleurs, je crois que Stefan (ndr, Everts) est favorable à ce changment, lui.”

 

Zachary

“Je ne sais pas quoi en penser parce que je n’ai jamais pris un départ là dessus. Ça met tout le monde au même niveau, ça c’est une évidence. Techniquement, Arnaud Aubin m’a dit qu’il y avait beaucoup de grip et qu’il fallait bien baisser le kit départ qui bloque la fourche à mi débattement pour abaisser l’avant et limiter le cabrage. Maintenant, j’avoue que c’est une nouveauté qui ne me plaît pas plus que ça. Préparer sa trace était un moment décisif pour le résultat de la course. Tu pouvais prendre l’avantage d’une bonne préparation. Là, ça sera un peu au petit bonheur la chance finalement… On peut se dire que ça rendra le départ encore plus stressant car tout se jouera en une fraction de seconde. En tout cas, on va déjà commencer à travailler dessus. Stefan va faire construire une grille pour qu’on analyse tout ça. Maintenant que c’est décidé, il ne nous reste plus qu’à nous habituer à ce changement, c’est la règle.”

 

 

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